Aujourd’hui, tout se voit, tout s’entend, tout se sait, ou presque… ce que l’on ne sait pas, on l’invente. En bon français, on appelle cela « une rumeur ». Etymologie : la rumeur vient du latin « rumor » et signifie « le bruit qui court ». Au 13ème siècle en France c'était le bruit d'où la définition première, principale : bruit confus que produisent un certain nombre de personnes disposées à la révolte, à la sédition, à la violence ou à la protestation. Depuis 2000, le web a révolutionné la rumeur au sens large du terme. C’est ainsi qu’une information concernant la rente « à vie » des Députés non réélus circule en ce moment sur Internet :
« PREPAREZ VOUS A TRAVAILLER POUR EUX. Pour chaque député non réélu, les Français devront payer 417 120 euros = 60 mois x 6952 euros. C'est la nouvelle indemnité chômage des députés! (…) La plupart des médias n'en parlent pas ! A l'issue des 5 ans d'indemnités, les députés non réélus percevront « à vie » 20 % de ce traitement soit 1390 euros par mois. Alors, faîtes des efforts, travaillez pour payer des impôts qui serviront à payer les 'golden parachutes' de nos députés…»
Sur son blog, le Député de la 3ème circonscription des Vosges, François VANNSON dément ces informations :
Des informations largement inexactes ayant été diffusées auprès de l’opinion, au cours des dernières semaines, au sujet du dispositif de l’AARE (Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi) qui a reçu application au terme de la précédente législature, il convient de rappeler ce qui suit.
Dès 1994, l’Assemblée nationale a mis en place un dispositif modifié en dernier lieu en 2003, permettant aux députés sortants, battus ou ne se représentant pas, de bénéficier d’un système assimilable à une assurance chômage puisque les députés ne relèvent pas du régime des ASSEDIC. Ce régime est totalement financé, suivant une logique de solidarité, par des cotisations versées par les députés en activité au fonds de garantie de ressources des anciens députés, représentant 0,5 % de l’indemnité parlementaire de base.
L’allocation dite AARE est égale à la différence entre un montant de ressources garanties et les ressources personnelles du demandeur.
C’est une allocation :
-temporaire et différentielle : le total des ressources de l’ancien député, y compris les indemnités attachées à l’exercice de fonctions ou de mandats locaux et ses droits à pension, sont ainsi
déduites du montant de l’allocation ;
-dégressive : le plafond de ressources garanties correspond à :
- 100 % de l’indemnité parlementaire de base pendant la durée du premier semestre suivant la fin de la législature,
- Mais 70 % de ce montant au cours du second semestre ;
- Ce plafond est ensuite abaissé de 10 % chaque semestre pour chacun des deux semestres suivants,
- Puis de 5, % chaque semestre pour chacun des six derniers semestres.
Pour récapituler, s’agissant des députés non réélus en juin 2007, les indemnités sont les suivantes :
1er semestre (06-2007/12-2007) : 100 %
2ème semestre (12-2007/06-2008) : 70 %
3ème semestre (06-2008/12-2008) : 60 %
4ème semestre (12-2008/06-2009) : 50 %
5ème semestre (06-2009/12-2009) : 45 %
6ème semestre (12-2009/06-2010) : 40 %
7ème semestre (06-2010/12-2010) : 35 %
8ème semestre (12-2010/06-2011) : 30 %
9ème semestre (06-2011/06-2012) : 25 %
10ème semestre (06-2012/06-2013) : 20 %
Ainsi, les députés non réélus, issus du secteur privé, ne se retrouvent pas dépourvus de ressources à l’issue de leur mandat à la différence des députés, titulaires d’emplois publics qui sont seuls assurés de retrouver leur fonction en cas de non réélection.
IMPORTANT ET NON PRECISE PAR LES MEDIAS :
- Le dispositif est intégralement financé par les cotisations des députés ;
- Un grand nombre d’entre eux n’en useront jamais :
- Le solde des cotisations versées au fonds de garantie de ressources s’élevait à 1 504 000 € fin 2006
- L’AARE a une portée limitée :
o en juin 2002, 79 députés en ont été bénéficiaires au cours des 6 premiers mois ;
o en décembre 2002, ils étaient 58 ;
o en juin 2003, ils étaient 30
o en décembre 2003 : 19
o en juin 2004 : 11
Les questions qu’il convient de se poser concernent plus les fausses
informations véhiculées par les médias et les internautes sans préciser toutes les conditions de cette disposition, que le régime mis en place pour les députés issus du secteur privé, financé par
les députés eux-mêmes, dans le même esprit que l’assurance chômage pour les salariés.
Une bonne information à la source, auprès de votre député, vaut mieux qu’une désinformation médiatique partiale et partielle, véhiculée avec une grande complicité et sans aucun
discernement.


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