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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 12:21

Jeudi dernier, j’ai eu le plaisir de participer à la 6ème étape du tour de France du Grenelle à Chaumont (52). Cette manifestation à l’initiative de Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat chargée de l’écologie a réuni près de 400 personnes d’horizons différents.  A l’entrée de la salle, une association « écolo » distribuait des tracts visant à dénoncer la politique gouvernementale. Sans commentaire. Bruno Sido, rapporteur au Sénat du Grenelle 1 et 2 a introduit le débat en s’adressant aux personnes sceptiques : « le grenelle, ce n’est pas qu’une suite de mots. C’est surtout le démarrage d’un processus ». 

Chantal Jouanno s’est ensuite exprimée en rappelant la période de campagne présidentielle : « En 2007, les associations chargées de l’environnement ont demandé un moratoire sur les autoroutes, le nucléaire, les incinérateurs et les OGM ». La loi Grenelle 1 a pour objectif de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre en France d’ici à 2020. Ainsi, l’Etat s’est engagé à investir dans la construction de 2000 km de ligne TGV, doubler les lignes de tramway dans les villes,…

Sujet inévitable… la taxe carbone présentée par Nicolas Sarkozy il y a quelques jours a été présentée : « Nous n’avons pas souhaité augmenter les prélèvements obligatoires. Il s’agit donc d’un système de bonus / malus (…) il y aura une prime à la ruralité et une prime à la famille ».

La secrétaire d’Etat a aussi amorcé le débat sur la bioéthique : "2010 sera l’année de la bioéthique". Dans un département où 40% du territoire est boisé, le sujet intéresse forcément.

Les élus et acteurs économiques de la Région Champagne Ardenne ont ensuite animé le débat autour de quatre thèmes : la biodiversité, énergie et bâtiment, le transport et la santé.

Concernant la biodiversité, l’idée est de conserver le capital génétique. Les collectivités sont incitées à créer une trame verte et une trame bleue : l’une pour sauvegarder les forêts, l’autre pour protéger les cours d’eau. Elle a commencé par citer un chiffre éloquant : dans le monde, 1 enfant meurt toutes les 17 secondes à cause de l’eau sale.

Chantal Jouanno s’est inspirée de cas concrets du quotidien pour sensibiliser le public. Par exemple, elle a mis en avant le problème du rejet de médicaments par les éviers : « C’est un vrai problème encore mal connu et qui a un impact certain sur la santé ». D’autre part, elle a soulevé le problème du phosphore dans les eaux usées qui crée des algues et menace les poissons.

Deuxième thème abordé : les énergies et le bâtiment. Le bâtiment regroupe 22 métiers qui devront faire des efforts de formation et de promotion des énergies dites « positives ». Sur le plan énergétique, la part des énergies renouvelables devra représenter 23% en France. De nouveaux parcs éoliens devront voir le jour pour que notre pays réalise cet objectif. En Haute Marne, l'installation de panneaux solaires n'est pas subventionnée. Le Président du Conseil Général Bruno Sido s'explique : "c'est un choix justifié car EDF rachète a un prix très intéressant l'électricité, ce qui suffit à inciter ces installations".

Le sujet du transport a été évoqué. La encore, les chiffres parlent : en 2030, le prix du baril atteindra 300 dollars. Chantal Jouanno a mis en garde : « regardez la prise de conscience lorsqu’il était à 100 dollars en début d’année ! ». Voilà pourquoi il est important de modifier les comportements et d’inciter à consommer autrement.

Le dernier sujet (et non des moindres tant il invite au débat) concerne l’enfouissement des déchets radioactifs. Le projet de Bure (55) a fait l’objet de nombreuses questions « piquantes » dans le public. Chantal Jouanno a indiqué que ce projet ferait l’objet d’un débat public.

En fin de séance, la secrétaire d’Etat s’est justifiée : « un ministre doit être sur le terrain. C’est pour cela que j’ai décidé d’organiser le tour de France du Grenelle. Dans chaque région, le débat est contradictoire, ce qui le rend intéressant » et de conclure « c’est à chacune et chacun de se saisir du sujet et de modifier ses comportements du quotidien ».

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F

DERNIÈRE MINUTE – (AFP)
21h09 Le Conseil constitutionnel annule la taxe carbone
Dans une décision rendue mardi 29 décembre, le Conseil juge que la loi prévoit trop d'exonérations "contraires à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique et [qui] créent une rupture
d'égalité devant les charges publiques".

taxecarbonne-1abac.jpgPARIS — Le Conseil constitutionnel a annoncé mardi avoir annulé la taxe carbone qui devait entrer en vigueur le 1er janvier, estimant que la loi crée trop d'exemptions, ce qui
est "contraire à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique" et crée une inégalité face à l'impôt.

Les juges constitutionnels avaient été saisis le 22 décembre par les parlementaires socialistes sur le projet de budget pour 2010 instituant cette nouvelle taxe verte.

Ils ont considéré, selon un communiqué publié mardi soir, que "l'importance des exemptions totales de contribution carbone étaient contraires à l'objectif de lutte contre le réchauffement
climatique et créaient une rupture d'égalité devant les charges publiques".

"Moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été soumise à la contribution carbone", en raison de ces multiples exemptions, selon les sages du Palais Royal.

Ainsi, relèvent-ils, "étaient totalement exonérées de contribution carbone les émissions des centrales thermiques produisant de l'électricité, les émissions des 1.018 sites industriels les plus
polluants" (raffineries, cimenteries, cokeries...), "les émissions du transport aérien et celles du transport public routier de voyageurs".

"Ces exemptions auraient conduit à ce que 93 % des émissions d'origine industrielle, hors carburant, soient exonérées de contribution carbone", selon le texte.

La taxe aurait donc "porté essentiellement sur les carburants et les produits de chauffage qui ne sont que l'une des sources d'émission de dioxyde de carbone".

Le conseil présidé par Jean-Louis Debré a donc "censuré l'ensemble du régime relatif à cette contribution".

Voulue par Nicolas Sarkozy, la taxe, rebaptisée "contribution carbone" par le Sénat, était une mesure phare du projet de budget 2010.

Elle visait à inciter les Français à réduire leurs émissions de CO2 en s'appliquant à la consommation d'énergie des ménages et des entreprises, avec une compensation pour les particuliers.

Fixée à 17 euros la tonne de dioxyde de carbone (CO2), elle avait soulevé d'importantes contestations à gauche - en premier lieu de la part de la socialiste Ségolène Royal - qui la jugeait
"écologiquement inefficace et socialement injuste", mais aussi à droite où certains dénonçaient l'instauration d'un nouvel impôt.

Les Verts pour leur part en approuvaient le principe mais jugeaient son taux largement insuffisant pour inciter à des comportements vertueux.


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L

Débat très sympa sur un thème très à la vogue en ce moment.
2h ne suffisaient pas pour parler de tous les thèmes et le nombre de questions liées à Bure n'aidaient pas à l'avancement du débat!!
Dommage que Luc Chatel était absent, je pense qu'il aurait apporté beaucoup plus d'informations, surtout au sujet de la Haute-Marne.
PS:Les hôtesses étaient charmantes :)


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F

L'écologie, il y a ceux qui en parlent et ceux qui la pratiquent, Mme Jouanno qui souhaite(rait?) prendre la région Poitou Charente serait bien inspirée de prendre modèle sur la politique qui y est
actuellement menée plutôt que de raconter n'importe quoi.


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